Ein Bustan: Arab Jewish Waldorf Kindergarten - Chers Amis et Supporters d'Ein Bustan, Mai 2007

children Ein Bustan

זורעים זרעים של תקוה ושלום

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Chers Amis et Supporters d'Ein Bustan,
 
 De nos jours, Arabes et Juifs d'Israël vivent dans deux mondes parallèles, sans dénominateur commun, sans interêts et buts communs, et sans la moindre empathie les uns pour les autres. De temps à autres, on assiste à un débordement de haine assassine dû à une accumulation de colère, de peur et de frustration. Cette haine qui nourrit à son tour tout le conflit israëlo-arabe au Proche- Orient, se retrouve aussi au coeur de bien des obstacles auxquels le monde entier est confronté aujourd'hui. Il en résulte une barrière d'incompréhension totale entre Orient et Occident, ou entre la culture judéo-chrétienne et les adeptes d'Allah.
 
 Un Israëlien de langue hébraïque éduqué dans le système éducatif conventionnel ne rencontre la culture arabe à aucun moment du cursus scolaire. Devenu adulte, il ou elle n'a aucune conscience de la partie arabophone de la population, ni de l'existence de sa riche culture. Il arrive de temps en temps que notre citoyen de langue hébraïque soit en contact fortuit avec la culture arabe. Cela engendre en général un malaise qui lui inspire au mieux l'indifférence, au pire le dégout. Le cocitoyen arabe éveille en lui une angoisse énorme suivie d'un instinct de survie. Dans le meilleur des cas notre citoyen juif se sentira justifié dans sa peur, et dans le pire des cas il se retrouvera mêlé à une guerre de laquelle il ressortira après s'être vengé ou après avoir infligé une bonne humiliation. Il n'est donc pas étonnant que cette partie-ci du monde continue d'engendrer des conflits et que ceux-ci continuent à se multiplier entrainant le monde entier dans une spirale sans issue. A moins que quelque chose ne change…
 
 Le jardin d'enfants Ein Bustan est un jardin d'enfants de pédagogie Steinerienne, bilingue et bi-culturel. Des enfants de langue arabe et de langue hébraïque y partagent leurs journées ensemble. La pédagogie Steinerienne crée une atmosphère saine et sereine où les enfants cessent d'être confrontés au climat général du pays, généré par la situation politique, économique, et l’indifférence générale d'une population envers l'autre. Tel que je le comprends, l'une des intentions de Rudolf Steiner était de donner à l'humanité un outil en mesure de résoudre les conflits sociaux, afin de créer un avenir meilleur. Ceci est à mon sens un des aspects les plus importants de l'éducation steinerienne. Lorsque j'observe Ahmed et Avshalom jouer ensemble il me semble d'un coup que les deux paragraphes précédents n'ont plus de raison d'être. Voilà la raison pour laquelle je vous remercie pour l'interêt que vous portez à cette initiative, et ce n'est qu'en écrivant ces mots que je réalise pleinement la portée de ce projet.
 
 Notre jardin d'enfants est sur le point de compléter sa deuxième année d'activité consécutive. Au niveau des relations entre adultes, l'ambiance frise parfois à la tempête, et si cela n'était pas le cas, si tout était tranquille, cela ne serait pas crédible. Cela montre bien le travail en profondeur que nous faisons courageusement de jour en jour. Les partenaires de ce projet surmontent chaque crise et nous ne sommes plus effrayés par les réactions inattendues des uns ou des autres. Nous avons appris à reconnaitre qu'il y a des différences essentielles entre les deux cultures, et nous nous efforçons de travailler avec. Pour finir, nous arrivons à y prendre du plaisir!
 
 Au niveau de la croissance de notre projet, le jardin d'enfants se développe à merveille. Nous avons ouvert l'an passé avec 14 enfants âgés de 4 a 6 ans, et avons terminé cette premier année avec 16 enfants. Aujourd'hui, à la veille de notre troisième année d'existence, il y a 8 enfants qui nous quittent pour entrer à l'école, et 20 familles supplémentaires ont fait une demande d'inscription. Il y a parmis elles des parents dont les enfants n'ont que deux ans et demi d'âge. Or nous nous sommes rendus compte que les enfants en bas âge sont capables de jouer ensemble sans être nullement dérangés par la différence linguistique. Par contre les enfants de 5 ans et plus jouent à des jeux basés sur l'imaginaire et sont donc plus dépendants de la langue ("On dirait que je suis un lionceau qui a perdu sa maman et que tu viendrais dans la forêt pour me caresser et m'emmener chez toi). Notre expérience basée sur ces deux dernières années nous montre qu'à l'âge de 5 ans les différences commencent à se faire sentir. C'est pour cette raison que nous avons décidé de relever le défi et de créer un groupe pour les enfants en bas âge. Et comme la demande est là et que nous avons des postulants au travail d'éducateur, notre joie est à son comble!..
Au niveau administratif nous n'avons pas encore gagné sur tous les fronts. Le jardin d'enfants a enfin été reconnu officiellement par le ministère de l'éducation, nous donnant ainsi droit à certaines subventions. Il ne s'agit que d'un petit budget, mais aussi maigre soit-il, il ne nous a pas encore été versé. Cela fait des mois que l'on nous promet cet argent et à chaque fois il s'avère qu'il y a encore une démarche supplémentaire à faire. Ceci est un processus exténuant, et lors de mon dernier entretien avec le ministère, j'ai clairement fait savoir qu'à ce rythme-là, il n'y aurait bientôt plus ni qui, ni quoi financer. Notre situation financière nous impose donc l'économie dans nos dépenses et nous payons pour le moment uniquement les enseignants. Notre professeur d'eurythmie étant, quant à elle, soutenue gràce à des dons. Il n'y a aucun budget pour l'administration ou l'organisation du développement, et même notre comptable travaille volontairement. Quant à la cour et au jardin, ils ne sont pas aussi soignés que nous le souhaitons. Notre four marche à moitié, la cuisine ne correspond pas à nos besoins, et j'en passe. La liste est longue, sans parler d'aide financière aux familles les plus démunies. Les frais de scolarité s'élèvent à 600 sheqels par mois et par enfant ( environ 120 Euros). Nous ne pouvons demander plus que cela, et c'est avec ces revenus que nous finançons les éducateurs, dons mis à part.
 
 Comme tout organisme, notre entreprise a besoin de grandir et de se développer. Pour ce faire, il nous faut ouvrir un deuxième groupe, constitué d'enfants plus jeunes, afin d'assurer la relève du groupe déjà existant. Or, pour établir un nouveau groupe, il nous faudrait faire des travaux de rénovation à un coût approximatif de 30.000 NIS (environ 5.600 Euros). Nous ne possédons aucun fonds, et si nous n'arrivons pas à réunir cette somme, il va falloir diminuer nos effectifs en ne prenant qu'une partie des nouveau inscrits, et en les joignant au groupe déjà existant, bien que l'espace ne soit pas approprié pour cela. Le pire serait que le nouveau groupe ne puisse ouvrir ses portes à l'automne prochain, chose que je n'ose même pas imaginer…
 Récemment nous avons été touchés par des gestes de générosité venant de personnesqui ont choisi de faire un don à notre jardin d'enfants, en l'honneur de fêtes familiales. Nous remercions particulièrement les invités du mariage du Rabbin Yael Romer, les membres du Temple Am Shalom, ainsi que la Chicago Waldorf School qui fit un don en l'honneur de la Bat Mitsvah de Bekka Goldberg. Nous exprimons notre gratitude à la Communauté Chrétienne d'Arnhem aux Pays-Bas, et à tous ceux gràce auxquels notre survie est facilitée.
 
 Avant de clore cette lettre, voici nos dernières nouvelles: Il y a peu, parents, enfants et nouveaux inscrits avons célébré la fête de Lag Ba Omer* dans un bois près du jardin d'enfants. Chaque évènement de ce style représente une sorte de miracle. Et poutant, quoi de plus simple que de se réunir Arabes et Juifs tous ensemble et d'ouvrir nos coeurs les uns aux autres? Et quel dommage que cela n'existe pas dans d'autres jardins d'enfants…Et pour finir, une dernière anecdote:Récemment, j'ai eu l'occasion de passer un mois en Angleterre, dans le Gloucestershire avec un groupe de jeunes Juifs de l'école Waldorf de Harduf et d'Arabes de la ville attenante de Shfaram (il va sans dire que ce genre de coopération est extrêmement rare par ici). Ensemble, et entourés d'une équipe d'éducateurs israëliens et anglais, les jeunes ont monté une pièce de théatre en anglais, basée sur les contes des "Mille et Une Nuits". La tâche ne fut pas aisée, mais le succès couronna cette expérience qui relève du miracle. Je n'ai aucun doute que des projets de ce genre représentent un rayon d'espoir pour notre jardin d'enfants dont les enfants sont les adolescents de demain.
 
 Chers Amis, il est temps de clore cette lettre. Je vous remercie pour l'interêt et le soutien que vous nous portez. Le projet. Ein Bustan est mû par la force de l'amour, et appartient à ceux qui sont mûs par cette même force - vous et moi . Je remercie les êtres supérieurs qui m'ont mené en ces temps et en ces lieux, et qui m’ont permis de remplir cette tâche.
 
 Avec mes meilleurs pensées,
Amir Shlomian
 
Lag Ba Omer est la fête juive qui se situe entre la Pâques Juive et la fête de Shavouot. Entre ces deux fêtes majeures se situe une période de deuil qui est interrompue au 33ème jour: le jour de Lag Ba Omer, cet évènements est célébré par des mariages, des pique-niques, et des feux de joie, des chants et des danses jusque tard dans la nuit.
 
 Maayan Babustan Arab Jewish Waldorf Kindergaten13, Narkissim St36073 Kiryat TivonIsraelTel: … 972-4-95306012einbustan@yahoo.comhttp://www.ein-bustan.org



 
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