Septembre 2007
Chers amis
Une année a passé et deux nouveaux groupes ont été ouverts dans notre jardin d’enfants « Ein-Bustan » : « le petit jardin d’enfants » et le « grand jardin d’enfants ». Je suppose que ce sont seulement des noms provisoires qui seront plus formalisés avec la venue d’un groupe supplémentaire.
Le plus jeune groupe fonctionne 5 jours par semaine avec 10 enfants entre 2 ans et demi et 3 ans et demi. Six parlent l’hébreu et quatre l’arabe. Comme ils sont encore dans l’âge de l’apprentissage de la langue maternelle, leur moments de jeux se trouvent moins dépendants des mots. Leurs professeurs sont Eshel qui habite Tivon, et Amana qui vit à Ka’abiya.
Le deuxième groupe ou « grand jardin d’enfants » est largement basé sur les enfants de l’année dernière (sauf ceux qui étaient plus âgés et qui ont trouvé d’autres encadrements). Actuellement nous nous nous retrouvons avec les ages de quatre et cinq ans, plus quelques enfants plus jeunes de trois ans et demi qui les ont rejoints récemment. Ibtisam qui habite Zubidat s’est jointe au groupe récemment auprès de Gidi. Sultana continue comme remplaçante. Ce jardin d’enfants fonctionne 6 jours par semaine, avec 14 enfants, dont 8 parlent l’arabe et 6 l’hébreu.
Pour faciliter l’ouverture d’un autre groupe nous avons construit une nouvelle classe pendant l’été, ce qui a entraîné le déplacement du terrain de sable. Beaucoup de gens sont venus pour aider à la construction, envoyer des lettres et prendre leur part dans cette entreprise miraculeuse. Nos supporters aux USA et en Hollande ont organisé des concerts pour lever des fonds et ont apporté leur assistance de multiples façons, toutes ayant été décisives pour réussir la construction de la nouvelle salle de classe. Cependant, étant donné que les rénovations sont toujours plus coûteuses que prévu, d’autres soutiens et contributions seraient extrêmement bienvenus. Pour cela nous allons aussi organiser un autre concert à Tivon le 21 octobre. Gardez cette date à l’esprit, nous serons heureux de vous y retrouver. Marvin Goldstein des USA a été notre généreux patron dans ces initiatives de concerts. Son soutien à notre projet vient de sa propre foi dans la méthode Waldorf d’éducation bi-culturelle, avec laquelle il a des liens très forts. Actuellement nous sommes en train d’organiser un programme musical très divers dans lequel j’espère pouvoir participer à un groupe où nous jouerons l’oud, la percussion, le piano et la flûte. Un grand merci à tous les organisateurs !
Je voudrais maintenant vous faire part de certaines de mes pensées concernant le futur proche. C’est un fait que nous n’aurons pas d’enfant passant en première classe l’année prochaine, ce qui nous donne un peu plus de temps pour nous préparer avant que la question d’une classe mixte ne redevienne acutelle. Les récentes demandes de parents pour mettre leurs enfants (âgés de deux ans) au jardin d’enfants sont une indication que, l’année prochaine, nous allons être confrontés à un effectif maximum. Comme la majorité des enfants à ce moment aura dépassé trois ans et demi, nous nous retrouverons avec de 20 à 25 enfants dans le jardin d’enfants des grands. Pour autant nous ne nous faisons pas de souci, nous pouvons faire face à une telle demande et nous ne demandons qu’à accueillir tous ceux qui veulent nous rejoindre.
Comment relever de tels défis ? Il est fort possible que dans l’année qui vient, nous ayons cinq enfants dont la langue natale est l’arabe. Si ces enfants veulent continuer dans une « Ecole Mélangée », il va falloir que nous nous posions plusieurs questions : Quelle est la nature d’une classe Waldorf mixte, et comment une classe bilingue pourrait-elle fonctionner ? A partir de combien d’enfants un autre professeur de culture arabe peut-il être justifié ? Quelle langue les enfants devront-ils apprendre à écrire en premier, peut-être chaque enfant selon sa langue maternelle ? Sans doute beaucoup d’entre vous vont-ils poser la question de savoir si de telles décisions sont en accord avec l’approche « Waldorf »?
L’ouverture d’une école de langue arabe au village de Shfaram procure une alternative pour ceux des écoliers qui sont de langue arabe, mais au-delà des difficultés de logistique, une telle alternative peut en fait miner ce que je considère comme une grande opportunité. Notre défi, je crois, est de s’engager dans des solutions qui ne soient pas superficielles ou simplement pratiques. Nous avons besoin d’une recherche plus approfondie, peut-être avons-nous besoin de nous changer nous-mêmes et de nous ouvrir à ceux qui nous entourent ? Ne devrions nous pas faciliter le dialogue et l’interaction culturelle ? Après tout ces vies d’enfants sont dans l’avenir, comment donc devrions nous les préparer ? Enfin comment devrions nous tirer profit de cette opportunité pour guider et accompagner les enfants dans cet avenir passionnant qui s’ouvre pour eux ? Nous avons besoin de souplesse et de modération si nous voulons éviter de nous durcir dans l’inflexibilité au cours de notre propre vie.
Ces questions ont certes été soulevées dans des forums précédents, mais les réponses restent à venir. Selon moi, il nous faut continuer à être très attentifs à ces questions difficiles et même insaisissables, car les nier ou les éviter signifierait notre propre chute. De nombreux parents et profeseurs ont soulevé ces questions avec moi à différentes étapes du projet, malheureusement j’ai rarement pu être à leur disposition à cause du manque de temps, et je le regrette. Je propose que ce site web soit un espace de débat et de conversation, où nous pouvons partager nos points de vue et les discuter. Que pensez-vous de l’éducation bi-culturelle, arabe et juive ? Quelle importance a-t-elle pour la communauté Waldorf ? pour la paix en Israel ? et peut-être même encore plus ambitieusement pour la paix dans le monde ?
Selon moi, le projet Ein-Bustan est une initiative unique, qui a besoin de mains secourables, de cœurs généreux et d’esprits intelligents pour devenir réalité. Dans ce sens, ce projet et le jardin d’enfants appartiennent à la communauté, et en plus ils appartiennent à tous ceux qui les aiment et les soutiennent, ainsi qu’à tous ceux qui de temps à autre les mettent dans leur cœur et leur esprit.
Le fait que les fonds du Minitère de l’Education se fassent attendre, rend très difficile l’existence du jardin d’enfants mixte. Par ailleurs les activités de routine consistant à récolter des dons, tenir la comptabilité, faire la maintenance du site internet et répondre aux emails, exigent du temps et des ressources. C’est pour cette raison que je demande à tous ceux qui trouvent que notre projet et nos efforts valent la peine, qu’ils contibuent d’une façon ou d’une autre. Ne serait-ce qu’une demie-heure par semaine pour coudre des poupées, réparer des bancs ou prêter la main à tout autre travail, représente une aide considérable. Vous êtes peut-être doués en menuiserie, en programmation informatique, en création de sites ou en tout autre chose qui puisse aider … n’attendez pas pour nous contacter. Et pour finir avant de vous débarrasser de quoi que ce soit, demandez vous si ça pourrait servir au jardin d’enfants. Beaucoup de choses qui ne font rien dans votre garage, peuvent nous être très utiles.
Je voudrais vous dire comment deux jours à peine avant la rentrée de cette année, alors que les membres du comité et moi-même étions en train de nous occuper des questions administratives, la cour du jardin d’enfants était encore pleine de détritus de construction … quatre merveilleuses personnes sont venues aider. Pleines d’enthousiasme, elles ont transformer la cour en l’espace de quelques heures. Je saisis cette occasion pour exprimer ma profonde gratitude à Itai, Shira, Yoni et Nathaniel pour leur magnifique travail, leur amour et leur soutien, il faut que vous reveniez et que vous ameniez aussi vos amis …
Fialement, de mon point de vue, le travail le plus important et le plus précieux dans ce jardin d’enfants Waldorf bi-culturel concerne des choses comme : comment raconter des histoires ? Comment célébrer les fêtes, chanter des chansons et inventer des histoires ? Peut-être devrions-nous nous servir plus souvent de marionnettes pour surmonter le barrage des langues. Mais même si ces questions restent et que nous avons beaucoup d’épreuves qui nous attendent, il y a aussi de nouvelles idées stimulantes qui font naître de nouvelles pensées et je suis reconnaissant pour tout. Bien sur, il y a des moments où nous nous sentons à bout, quand le financement est réduit ou quand nous nous confrontons à la bureaucratie d’une façon vraiment kafkaienne, après avoir essayé de recevoir la subvention gouvernementale à laquelle nous avons droit depuis les trois dernières années. Mais notre résolution est forte et s’il arrivait à l’un d’entre vous d’entrer chez nous pendant que nous fêtons Rosh Hashana avec les parents et leurs guitares qui sont venus nous encourager et nous soutenir au moment où nous en avions besoin, vous seriez au comble de la joie comme nous l’étions. Je remercie les parents et tous ceux qui nous soutiennent, tous ceux qui nous envoient leurs souhaits, l’équipe des professeurs motivés et engagés, et le comité. C’est un privilège de me trouver parmi vous qui participez à la nuit des parents, aux fêtes ou aux rencontres générales.
Permettez moi de vous remercier tous, enfants, parents et tous nos fidèles supporters, je nous souhaite une nouvelle année de douceur, pleine de bonnes choses comme la symbolique grenade, diligente comme une abeille et jaillissante comme l’eau de la source.
Avec mes affectueuses pensées, Amir Shlomian
“Maayan Babustan” Arab-Jewish Kindergarten
13 Narkisim St. 36073
Kiryat Tivon, Israel