Ein Bustan: Arab Jewish Waldorf Kindergarten - ?Ne sommes nous qu’une goutte dans l’océan

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Ne sommes nous qu’une goutte dans l’océan?
 
Les Nouvelles d’Ein Bustan, Novembre 2007
 
Bonjour chers amis,
 
Mon nom est Avner, et je suis le papa d’Agam qui a trois ans et demi. Je voudrais parler du  jardin d’enfants de mon point de vue personnel. Je pense que c’est la meilleure façon de comprendre l’esprit d’Ein Bustan. Comme pour beaucoup d’enfants, c’est la première année d’Agam au jardin d’enfants. Je l’ai observé dans ses premiers jours au jardin d’enfants, entouré de nouveaux visages et essayant de s’y adapter. Comme lui j’ai senti l’atmosphère insolite qui se dégageait d’un langage non familier et de la présence d’enfants avec une culture différente.
Mais Agam a été plus vite que moi pour s’adapter. Il arrivait au jardin d’enfants ignorant des peurs et des stéréotypes qui s’ancrèrent en moi dans l’enfance et avec le système d’éducation dans lequel j’ai grandi – peurs et stéréotypes dont j’ai essayé de me libérer ma vie durant. Il faisait vite des relations, apprenant des mots et des chansons en arabe. J’étais enchanté, je le regardais et je pensais en moi-même : Pourquoi est-ce si difficile de vivre ensemble dans ce pays ? Parce que ce pourrait être si simple, comme ces enfants au jardin d’enfants.
 
Je comprends maintenant pourquoi je l’envoie dans un jardin d’enfants bilingue, par-delà le niveau idéologique, par-delà la haute idée que ce jardin d’enfants veut promouvoir. J’ai une compréhension plus profonde de ce que cela signifie que d’envoyer Agam à ce jardin d’enfants. En grandissant mon enfant va devenir quelqu’un qui aura moins de peurs et de stéréotypes que moi. Ses amis arabes pourront aussi grandir en voyant ceux de la culture voisine être des personnes comme tout le monde. Ces gens pourront vivre en paix les uns avec les autres. Pourtant, non pas en vertu d’une certaine idéologie, mais à partir d’une vérité innée.
 
Je le comprends et tout de même je suis un peu triste : ce n’est qu’une goutte dans l’océan … Qu’est que cela fait que nous ayons élevé quelques dizaines d’enfants à être authentiquement en quête de paix, au milieu de centaines de milliers d’autres à qui il n’a pas été donné cette chance magique ?
 
Puis nous nous mîmes à la préparation du concert au bénéfice du jardin d’enfants, dont l’initiative avait été lancée par le musicien Marvin Goldstein. Tous les parents s’investirent dans les activités de préparation de l’événement. Il était prévu une fête magnifique avant que le concert ne commence. De nombreuses sortes de produits étaient destinés à la vente, de multiples activités pour les enfants étaient organisées, on pensait à une stratégie de marketing, nous nous sommes heurtés à de nombreux obstacles que nous avons surmontés, ensemble. On pensait ensemble, on espérait et on rêvait ensemble, on travaillait ensemble. Des amitiés naquirent au fil d’un humour mutuel et de souvenirs partagés. Les visages n’étaient plus seulement des visages. Les noms n’étaient plus seulement des noms. J’ai une connaissance plus profonde de ceux qui les portent. Et ces gens sont merveilleux, chacun d’entre eux entre tous.
  
 
La fête et le concert eurent du succès.C’est vrai que nous avons récolté de l’argent, mais ce n’est pas ça qui fut le vrai succès. Ce jardin d’enfants, cette goutte dans l’océan dont nous avons parlé plus haut, a attiré des centaines de gens de Kiryat Tivon, de Hilf et de toute la région, arabes et juifs, qui furent amenés à y vivre une autre réalité pendant quelques heures magiques. C’est difficile de trouver les mots. Mais cette réalité, qui semblait presque surréelle dans cet endroit, était clairement porteuse d’une émotion : c’est possible. Je dis émotion et non message, parce que j’ai senti que le vrai pouvoir de l’événement était au-delà des messages et des idées, aussi élevés soient-ils. Il y avait des émotions dans cet endroit. L’amour.
 
L’existence du jardin d’enfants est en train de pénétrer lentement mais surement dans la conscience locale. Bien qu’il n’y ait que quelques dizaines de familles qui soient directement impliquées dans le jardin d’enfants, il est déjà présent dans l’esprit de plusieurs milliers de familles, comme quelque chose de positif, de possible et qui existe.
 
Mon enfant et moi, pourtant, et toutes les familles aimées du jardin d’enfants ne sommes pas seulement une goutte d’eau dans la mer. Ils sont de l’énergie pleine de sens qui s’étend de jour en jour comme les rides sur l’eau qui vont toujours s’élargissant. Le jardin d’enfants existe et sa vérité existe.
 
En plus de tout ça, je sais que vous serez heureux d’avoir des nouvelles des trois derniers mois. Cette année les choses commencèrent par être un peu chaotiques. Un nouveau groupe démarrait, avec des enfants de deux ans et demi à trois ans, et deux nouveaux professeurs : Eshel et Amna. Dans le groupe des anciens, un nouveau professeur, Ibtisam, se joignit au professeur vétéran Gidi. Beaucoup d’enfants partirent pour entrer en première classe, et des nouveaux arrivèrent, chacun essayant de trouver son ou sa place dans le nouvel arrangement social. La cour était loin d’être prête, et il y avait encore beaucoup à faire. Il a fallu du temps pour trouver le bon équilibre et rythme quotidien.
 
Mais le jardin d’enfants est en de bonnes mains. Avec calme et sureté les professeurs trouvent le bon équilibre et crée le rythme. Le manque de calme qui avait marqué le début de l’année, avait changé et les choses étaient tranquilles et sereines. On a planté du blé et les premières pousses sont déjà sorties de terre. Les enfants sont tout heureux de courir partout et se sentent vraiment chez eux. Nous avons fêté le Ramadan ensemble et construit une Succa (cabane couverte) pendant la fête de Succot. Bientôt nous allons fêter Hannuka et Id El Adha. Un cercle pour les mamans du jardin d’enfants a déja eu lieu une première fois et nous envisageons déjà un cercle pour les pères.
 
Quelques fois quand je vais au jardin d’enfants, je ne peux pas m’empêcher d’embrasser Gidi. Je n’ose pas encore embrasser Ibtisam. Je ne sais pas si c’est convenable. Il me faut lui demander. Il y a encore tellement d’autres choses que j’ai à apprendre ….
 
L’hiver va être bientôt là et c’est comme si le jardin d’enfants était prêt à accueillir la saison d’hiver dans une étreinte pleine de chaleur et de réconfort, dans une étreinte pleine d’amour.
 
Nos souhaits chaleureux à tous nos amis et supporters pour la saison d’hiver qui vient et nos meilleurs voeux pour une Nouvelle Année de joie et de paix.
 
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Intérieur de la nouvelle salle de classe
 pour le nouveau groupe préscolaire, Ein-Bustan, Hilf Israel
 
Maayan Babustan (Ein Bustan)  13 Narkisim St.  Kiryat Tivon  36073  
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