«Espaces linguistiques» et apprentissage bilingue à Ein Bustan
Amir Shlomian
L'un des fruits les plus importants de la cinquième année scolaire dans le jardin d'enfants bilingue "Ein Bustan" a été notre exploration en profondeur des questions et des méthodes pédagogiques. Nous avons pu le faire car nous ne sommes plus inquiets – ou peut-être serait-il plus exact de dire que nous sommes moins inquiets – de faire face à la combinaison inhabituelle de deux langues, de deux peuples différents, de l'éducation Waldorf et du bilinguisme. Nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir, mais nous sommes sans aucun doute en progrès.
Tout au long de l'année scolaire 2009-2010, nous avons travaillé avec le Dr Aura Mor, un expert en matière d'éducation bilingue. Des sessions de formation régulières nous ont permis de prendre conscience de questions centrales relatives au bilinguisme. Nous avons vu combien il est difficile de mettre en œuvre les principes que nous nous sommes fixés, mais cette prise de conscience est en elle-même très importante selon moi. Par exemple, nous avons discuté de différentes méthodes pour améliorer la «seconde langue» (l'hébreu pour les arabophones et l'arabe pour ceux qui parlent l'hébreu).
En accord avec les principes de la pédagogie Waldorf, nous n'allons pas directement vers les enfants en leur demandant d'apprendre. Cela nous pouvons le reporter jusqu'à ce qu'ils aillent à l'école. L'apprentissage est intégré à la vie et il se base sur l'expérience. Nous devons nous assurer que nous ne corrompons pas notre approche de base d'éducation par le désir d'enseigner ou d'apprendre la deuxième langue - aussi bien intentionnés que soient ces désirs.
Aura a suggéré que nous mettions en œuvre une méthode qui implique de se concentrer sur une zone particulière du jardin d'enfants, pendant une période de quelques semaines, et de créer le vocabulaire utilisé dans ce domaine. Selon cette méthode, nous devons être pleinement conscients de l'utilisation que nous faisons de cet ensemble de mots. Les enseignants ont pris soin d'utiliser des mots précis et ont également écouté avec attention les enfants, afin d'observer s'ils apprenaient et aussi utilisaient ces mots. (Nous ne disons pas: « Dis Toula : Toula est une table » ou vice versa, mais nous intégrons plutôt le mot dans une phrase complète, telle que « S'il te plaît, met le fromage sur la table »).
Ainsi, nous avons découvert que l'utilisation consciente d'un certain ensemble de mots permet d'apprendre : d'abord l'enfant réagit à la parole qu'il a entendue dans la seconde langue et, plus tard, il (ou elle) essaie de l'utiliser lui(ou elle)-même. Par exemple, nous avons choisi les quelques 20 à 25 mots qui sont utilisés à table pendant les repas. Cela comprend des noms, des verbes et des adverbes (ou adjectifs). Nous avons trouvé que cette méthode marche effectivement, mais nous avons découvert qu'il était difficile de la poursuivre au fil du temps. Toutefois, nous agissons en regardant le bon côté des choses et nous sommes donc très optimistes – puisque nous avons encore de quoi progresser.
Dans un proche avenir, j'espère également rédiger un rapport complet et détaillé sur l'art bilingue de raconter au jardin d'enfants, sur la langue parlée par l'enseignant au jardin d'enfants et sur notre carnet de rapports. Tous ces éléments sont des éléments que nous utilisons dans notre méthode qui combine l'enseignement Waldorf et le bilinguisme.